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05/04/2018

Une étude découvre de nouvelles protéines impliquées dans la FSH

Voici un article un peu long... pour les courageux ! smiley clin.jpg

 

Mais cet article était en accès libre, et tellement intéressant que j'ai trouvé utile de le traduire en entier. Les commentaires entre parenthèses sont de moi (Sylvie).

Vous trouverez l'article de vulgarisation et l'interview des chercheurs que j'ai traduit ici et l'article scientifique ici.

Cette étude montre que si la technique des "ciseaux à ADN" CRISPR n'est pas applicable à la thérapie génique avant longtemps (nous en avions parlé ici) elle est utilisable en laboratoire et permet des progrès dans la compréhension de notre maladie qui est toujours un peu mystérieuse.

Une étude découvre de nouvelles protéines impliquées dans la régulation d’un gène lié à une dystrophie musculaire.
 
Une technique protéomique basée sur CRIPR révèle une piste thérapeutique potentielle pour la FSHD, une maladie rare mais grave.
Dr Tapscott.jpg
Une nouvelle étude a révélé davantage d’intervenants dans le chemin de la dystrophie musculaire facio-scapulo-humérale, la forme la plus courante de dystrophie musculaire.
Conduite par le biologiste Dr Stephen Tapscott et la scientifique Dr Amy Campbell du centre de recherche contre le cancer Fred Hutchinson (Seattle USA), l’étude publiée aujourd’hui (23 mars 2018) dans la revue eLife est la première à identifier systématiquement des protéines impliquées dans la répression de DUX4, gène déclenchant la FSH.

Normalement, le gène DUX4 est activé seulement au tout début de la vie embryonnaire, s’éteignant avant même que l’embryon s’implante dans l’utérus. Mais chez les patients FSH, DUX4 redevient actif, détruisant progressivement les cellules musculaires. Les chercheurs ont essayé de comprendre comment l’éteindre à nouveau en espérant aboutir à de nouvelles pistes thérapeutiques qui pourraient retarder cette progression (de la maladie).

Dans leur dernière étude, ils ont utilisé une technique protéomique basée sur CRISPR pour découvrir les protéines qui s’attachent au gène DUX4 et sa région dans l’ADN. Ils se sont ensuite demandé si ces protéines étaient impliquées dans la désactivation du gène dans les cellules musculaires et dans les cellules souches embryonnaires. Ces expériences ont identifié 2 grands groupes de protéines impliquées dans l’extinction, ou la répression de DUX4 appelées NuRD et CAF-1. Tapscott et ses collègues ont ensuite identifié une protéine qui réprime ces répresseurs, qui s’appelle MBD3L2, dont ils pensent qu’elle pourrait être une cible thérapeutique potentielle pour la FSH (si on la supprime, NuRD et CAF-1 peuvent réprimer DUX4 si j’ai bien compris…).

Cette maladie, qui affecte 900 000 personnes dans le monde, est causée par une bizarrerie peu commune de l’ADN. La FSH est une maladie génétique mais elle n’est pas provoquée par une mutation dans un gène comme c’est le cas habituellement dans les maladies génétiques. Elle est plutôt causée par un nombre trop faible de copies du gène DUX4 (ou de répétitions D4Z4) – les personnes en bonne santé ont plus de 11 copies de DUX4 sur le chromosome 4 ; avoir 10 copies ou moins déclenche la FSH. Paradoxalement, avoir moins de répétitions du gène provoque l’expression de DUX4 alors qu’il ne devrait pas, provoquant des dégâts dans les muscles squelettiques.
Les chercheurs ne savent pas clairement pourquoi l’activation de DUX4 est particulièrement dommageable pour les cellules musculaires et pas pour les autres types de cellules. Mais leur étude pointe sur un modèle possible de ce qui peut se passer.
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Dans les muscles squelettiques, une seule fibre musculaire est faite de nombreuses cellules musculaires qui ont fusionné et n’ont donc plus de barrière entre elles (cliquez sur l'image pour l'agrandir). Tous leurs réservoirs à ADN, les noyaux, sont regroupés. Campbell et Tapscott pensent que chez les patients FSH, le gène DUX4 pourrait s’activer spontanément dans seulement quelques cellules à la fois, mais puisque les noyaux n’ont pas de parois entre eux, DUX4 pourrait s’étendre de noyau à noyau le long des fibres musculaires, provoquant des dégâts sur son chemin. Dans les autres types de cellules, si DUX4 s’active dans une cellule, celle-ci meurt seulement sans affecter les cellules voisines.
« L’environnement est capable de compenser la perte d’une cellule alors que dans un muscle, vous affectez de grandes fibres musculaires qui peut-être ne récupèreront pas » dit le Dr Campbell.

La protéine MBD3L2 que leur étude a identifiée semble être au moins en partie responsable de la réactivation de DUX4, et ils se demandent si cette protéine pourrait être responsable de la diffusion (de DUX4 dans les fibres musculaires) – et de la nature progressive de la FSH. Ce sont encore de grandes inconnues, dit le Dr Tapscott.
« Si la diffusion de noyau à noyau est à la base de la progression (de la maladie), alors bloquer la diffusion en bloquant MBD3L2 pourrait retarder la progression » continue-il.
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Le Dr Campbell a découvert également que les groupes de protéines NuRD et CAF-1 éteignent DUX4 dans les cellules embryonnaires ; dans la suite ils veulent déterminer si MBD3L2 est également impliqué dans le développement embryonnaire normal de la même façon qu’il semble agir dans les cellules musculaires FSH.

De plus, il a été découvert récemment que DUX4 est impliqué dans des types  rares de leucémies et de sarcomes, bien qu’il ne soit pas clair si le gène se comporte de la même manière dans ces cancers que dans la dystrophie musculaire. Les Dr Campbell et Tapscott prévoient de s’intéresser à cette question par la suite.
Cette étude a été leur première tentative dans l’utilisation de la technique spécifique CRISPR appelée EnChIP et ils sont impatients de voir ce qu’eux et leurs collègues pourront découvrir avec d’autres études similaires.
« Cette approche a marché, et nous pouvons aller plus loin. Nous pouvons aller plus loin dans ces données et plus loin dans cette approche, peut-être pour quelques unes de ces mutations dans les cancers aussi » dit le Dr Tapscott.

Cette étude a été financée par la NSH, la FSH society, Friends of FSH research et Fred Hutch reservoir fund.
 

27/02/2018

Quelques infos pratiques

autonomic Bordeaux

Les 8 et 9 mars, nos lecteurs du sud-ouest pourront visiter le salon Autonomic Atlantique à Bordeaux. Sur le site du salon, vous pourrez télécharger une invitation gratuite et consulter la liste des conférences.

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questionnaire hormones

Avez-vous pensé à participer à notre enquête ? Je vous en ai parlé dans l'article précédent.

 

journée maladies rares

Le 28 février 2018 est la journée nationale des maladies rares.

En France, plus de 3 millions de personnes sont concernées par une maladie rare. Cette 11ème édition sera placée sous le signe de la recherche et de l’accès aux traitements. Menée par les patients eux-mêmes et lancée en 2008 par EURORDIS et le Conseil des Alliances Nationales, elle rassemble des millions de patients, de familles, de travailleurs sociaux, de professionnels de la santé, de décideurs politiques et une partie de la population, tous solidaires.

Regardez le film réalisé par Eurordis, à l’initiative de cette journée, dans lequel vous pourrez découvrir Annie, concernée par une maladie rare de la vision, Enzo, concerné par une maladie rare neuromusculaire, et Alexandre, atteint de la maladie de l’Homme de Pierre.
3 personnes concernées parmi tant d’autres…

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Sylvie

10/02/2018

Questionnaire "hormones"

Mesdames, Messieurs
 
Le Groupe d'Intérêt FSH de l'AFM-Téléthon vous invite à répondre à un questionnaire sur le thème "Système hormonal & FSH".
 
Dans le cadre de notre prochaine réunion du Groupe d'Intérêt FSH avec des médecins, chercheurs, scientifiques et professeurs spécialistes de notre pathologie (GRAF), nous souhaitons vous questionner sur l'impact du système hormonal dans votre dystrophie Facio Scapulo Humérale. Ce questionnaire ne vous prendra que quelques minutes, et nous vous remercions vivement pour votre participation.
Les résultats seront étudiés à l'occasion de notre prochaine réunion GRAF du mois de mars 2018, et vous seront diffusés dans notre Lettre n°13.
 
Avec tous nos remerciements anticipés.
Marie-Martine FLECK - Responsable du GIFSH
 
 
répondre au questionnaire :

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03/02/2018

Avancée dans la recherche FSHD et releveurs de pied

Deux brèves sur le site de l'AFM-Téléthon au sujet de la myostatine :

muscu.jpg- Résultats préliminaires positifs de l'essai ACE-083 (nous en avions parlé ici). L'étude se poursuit par un essai clinique de phase II aux USA et au Canada. Les résultats sont attendus pour avril 2019. Lire la brève sur le site de l'AFM

- Dans le même temps, une étude de Julie Dumonceaux et son équipe montrait en particulier que certains patients myopathes avaient déjà des taux bas de myostatine et que donc les traitements anti-myostatine seraient sans effets sur eux (nous en avions parlé déjà ici ; voyez aussi la brève AFM sur ce sujet). Ce qui pourrait impliquer que l'essai clinique sur l'ACE-083 est un peu prématuré... L'avenir nous le dira.mal dos.jpg

 

Enfin une 3e brève concernant les douleurs dans la myopathie Facio-Scaulo-Humérale qui précise que ces douleurs sont souvent fréquentes, parfois invalidantes, et situées le plus souvent dans les épaules ou les lombaires. Je pense que malheureusement nombre d'entre nous se reconnaitra dans ce tableau... 

 

Releveurs de pied

Un témoignage de Marie reçu sur la boîte mail suite à sa lecture d'un ancien message sur les releveurs : 

chignon.jpg"J’ai essayé plusieurs type de releveurs : les simples, puis l’orthèse de chignon (exemple de l'image ci-contre), que j’ai fini par abandonner car trop lourde, trop volumineuse.
Depuis 1 mois j’en ai des nouvelles : les releveurs Innov'pulse, en carbone en forme hélicoïdale qui impulsent le mouvement, et qui aident à la stabilité. Trouver des chaussures dans lesquelles ces releveurs rentraient n’était pas une mince affaire, mais finalement j’ai trouvé. Et pratiquement plus de douleurs lombaires, car la posture est mieux, je suis plus “ancrée” dans mon bassin, et donc moins en lordose. Je marche mieux, mes pieds se “déroulent” bien, et je peux à nouveau flâner !"
 
(PS : promis c'est de la pub gratuite ;-)
 
Voir aussi ce site intéressant sur les releveurs.
 

12/01/2018

Meilleurs voeux pour 2018 !

Tous les membres du Groupe d'Intérêt FSH de l'AFM gui.jpg
vous présentent leurs vœux chaleureux pour cette nouvelle année.

 

Vos rendez-vous 2018 à noter avec nous :

 

- Nous allons venir à votre rencontre à travers des journées d'information FSH :

  • à Dijon (Quétigny) le 9 juin,
  • à Clermont-Ferrand (Châtel-Guyon) le 6 octobre,
  • à Nice le 20 Octobre.

 

telephone.jpg- Notre jour de permanence téléphonique change ! Elle se fera tous les mardis de 16h30 à 19h (sauf jours fériés et petites vacances) toujours avec le même n° 01 69 13 58 51, à partir du 15 janvier (pas de permanence ce jeudi 11). Vous pouvez laisser un message sur le répondeur en dehors de ce moment.
Nous espérons que cet horaire vous conviendra mieux que le précédent.

 

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- Notre prochaine lettre d'information, qui vous sera diffusée fin mars/début avril, concernera la kinésithérapie et l'exercice physique, entre autre. Envoyez-nous vos témoignages, vos questions, vos difficultés concernant la rééducation dès maintenant, afin que nous puissions vous apporter (si on le peut) des réponses ou des tuyaux dans cette lettre.

 

- D'ici quelques jours nous publierons un lien vers un questionnaire pour une étude que nous lançons avec le Professeur Sabrina Sacconi sur l'effet des hormones sur la myopathie facio-scapulo-humérale. Votre participation nous sera précieuse. Plus nous aurons de réponses et plus nous pourrons apporter d'éléments concrets lors de notre journée de travail sur ce sujet avec les chercheurs et cliniciens qui aura lieu le 26 Mars prochain. Qui sait cela pourra peut-être aboutir à un essai ou une thérapeutique ?

 

- Une maman souhaite échanger et partager avec une autre famille FSH ayant un jeune enfant atteint. Si vous êtes dans ce cas et êtes intéressé, merci de nous le faire drapeau europe.pngsavoir.

 

- Cette année devrait aussi nous offrir une rencontre avec les autres associations FSH européennes.

 

Avec mes amitiés les plus sincères,
Marie-Martine Fleck, Responsable

15/12/2017

Nouvelle publication de Julie Dumonceaux

Attention !
Aujourd'hui vendredi 15/12
dernier jour d'ouverture du 3637 pour donner au Téléthon !
 
(après les dons sont toujours possibles, mais plus comptabilisés)
 
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Ceux d'entre vous qui sont abonnés à VLM ont pu lire dans le dernier numéro un article sur le congrès de la World Muscle Society (WMS) à Saint-Malo en novembre dernier. Cet article mentionne une publication de Julie Dumonceaux dont voici une traduction/résumé (validée par l'auteur) :
 
La dérégulation de la voie de la myostatine dans les maladies neuromusculaires pourrait expliquer les difficultés des approches thérapeutiques anti-myostatine.
Article paru dans Nature Communications
 
Les dystrophies musculaires sont caractérisées par la faiblesse et la dégénérescencemuscles.jpg musculaire. La myostatine est un facteur  qui limite la croissance des tissus musculaires. On pourrait donc penser qu'empêcher la myostatine d’agir pourrait favoriser la croissance musculaire et donc être une voie thérapeutique pour les dystrophies musculaires. Plusieurs médicaments visant la myostatine ont été utilisés dans des essais cliniques pour augmenter la masse musculaire et la force, mais la plupart ont montré une efficacité limitée.
 
Les chercheurs publiant cet article, coordonnés par Julie Dumonceaux, qui travaille maintenant au Biomedical Research Centre, University College London, ont montré que la myostatine est très peu présente dans le sang des patients atteints de pathologies neuromusculaires particulièrement atrophiantes, comme la myopathie de Duchenne par exemple. Cette sous expression de la myostatine est aussi retrouvée dans les biopsies musculaires, ce qui laisse penser que face à une maladie musculaire induisant une perte de masse, le muscle essaie de préserver sa masse musculaire en inhibant les acteurs qui, en temps normal, limitent la croissance musculaire (comme la myostatine). Les essais thérapeutiques anti-myostatine visent donc une molécule qui n’est plus ou peu présente, ce qui pourrait expliquer leur inefficacité.
 
Muscles.jpgEn revanche, chez les patients atteints de maladie dont l’atrophie s’installe plus progressivement (comme les patients FSH), les résultats sont plus hétérogènes, certains patients présentant un faible niveau de myostatine dans le sang alors que d’autres en ont beaucoup plus. Certains patients pourraient donc bien répondre à un anti-myostatine alors que d’autres non. Les auteurs suggèrent qu’il serait bénéfique de mesurer le taux de myostatine chez ces patients avant les essais cliniques afin de déterminer s’ils vont bien répondre au traitement.

Les auteurs ont aussi montré que cette inhibition de l’expression de la myostatine est réversible. En effet, le cycle de la myostatine a pu être réactivé chez une souris modèle de la myopathie myotubulaire par thérapie génique permettant l’expression de la myotubularine. Ces résultats suggèrent que, pour une maladie donnée, il est préférable de d’abord restaurer le gène déficient (afin d’induire une augmentation de la myostatine) et ensuite d’administrer un anti-myostatine.