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24/11/2015

Revue de presse scientifique

FSH et fonction respiratoire

En 2013, nous avions réalisé un mini-sondage pour évaluer les problèmes respiratoires dans la FSH, et ce sujet avait été évoqué lors du GRAF de 2013 (voir l'article que nous avions publié sur le blog à l'époque).

Suite à cette action, nous avions rencontré de Dr Lofaso, responsable des explorations respiratoires à l'hôpital de Garches, et il a fait travailler un thésard sur ce sujet. Les résultats de cette étude viennent d'être publiés. Voir le résumé en français sur le site de l'Institut de myologie et l'abstract en anglais. Il rappelle que le suivi de la capacité respiratoire est important dans la myopathie FSH, en particulier pour les personnes les plus atteintes et/ou en surpoids. 3% des patients suivis à l’Institut de Myologie ont recours à une assistance respiratoire, ce qui est loin d’être négligeable.

 

Diagnostic génétique

Voir sur le site de l'AFM l'article sur la confirmation de l’efficacité du peignage moléculaire.

 

C'est tout pour aujourd'hui ! smiley.jpg

 

05/11/2015

La technique d’interférence génique utilisée dans la myopathie FSH

Traduction / résumé de l’article publié par la FSH society par Sylvie

Le laboratoire de Peter Jones, à l’école de médecine de l’université du Massachussetts USA (UMMS), financé, entre autres, par la FSH Society et l’AFM-Téléthon, vient de publier un article annonçant l’efficacité, sur des cellules humaines en culture, d’une méthode de thérapie du gène, appelée CRISPR/dCas9, qui repose sur la modification du génome (méthode de « gene editing ») pour « éteindre » la séquence d’ADN impliquée dans la myopathie FSH de type 1 (FSHD1).

C’est une « première » à double titre : première utilisation de la technique CRISPR dans la FSH et première utilisation dans des cellules musculaires humaines en culture.
Le système CRISPR/Cas9 est issu de la découverte d’un mécanisme employé par les bactéries pour « nettoyer » leur génome des gènes étrangers, une sorte de système immunitaire primitif. Les biologistes ont détourné ce système naturel afin qu’il vise cette fois des séquences spécifiques du génome. Contrairement à la technique CRISPR/Cas9 qui coupe les séquences d’ADN pour les modifier ou les supprimer, la technique CRISPR/dCas9 ne coupe pas les séquences d’ADN visées mais modifie leur expression, ce qui limite le risque d’effets indésirables.

crispr.jpg


Dans la FSH, le gène DUX4, qui est localisé dans la région D4Z4 du chromosome 4, est exprimé alors qu’il ne devrait pas l’être, à cause d’une modification (déméthylation) de la chromatine (un complexe de molécules qui entoure le chromosome). Cette expression de DUX4 provoque une cascade d’événements qui conduit à la destruction des cellules musculaires. C’est ce qu’on appelle un phénomène « épigénétique », c’est-à-dire qu’il met en cause le gène mais aussi l’environnement du gène.

L’équipe de l’UMMS a décidé de cibler par la technique CRISPR/dCas9 non seulement DUX4, mais aussi, plus largement, plusieurs régions de la région D4Z4, provoquant ainsi le retour de la chromatine dans un état « normal ». Et ils ont observé une diminution de l’expression de DUX4 sur les cellules musculaires humaines in vitro.


* les cellules primaires proviennent directement du tissu musculaire ; une fois mises en culture, ces cellules donneront des cultures dites secondaires

22/10/2015

revue de presse

Un essai sur des patients FSH montre que l’entraînement en endurancevelo.png (exercice physique aerobie) permet l’amélioration de la condition physique, de la charge de travail musculaire et de la vitesse de marche, ainsi que celle de la qualité de vie liée aux capacités physiques et à la santé. La force musculaire et les activités de la vie quotidienne n’ont pas été modifiées significativement par l’entraînement physique.
En revanche, la supplémentation en hydrates de carbone et en protéines n’a pas apporté d’amélioration supplémentaire à celle obtenue lors de l’entraînement régulier en endurance sans supplémentation. A lire ici.

 

culture myoblastes.jpgCorriger in-vitro des défauts de différenciation de myoblastes FSH par fusion avec des myoblastes sains, dans l'optique de la thérapie cellulaire, à lire ici.

Obtenir, à partir de cellules souches embryonaires, des fibres musculaires qui se contractent et de véritables cellules musculaires satellites, lesquelles permettent la formation des muscles et la régénération musculaire, comme dans un muscle « normal », toujours dans l'optique de la thérapie cellulaire, à lire ici.

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La lettre n°7 du groupe FSH de l'AFM est en cours de diffusion. Les sujets abordés :
- le regard des autres, suite : le corps médical
- faire reconnaître son handicap avant 60 ans

Vous devriez la recevoir via votre Service Régional, si vous êtes adhérent AFM. Sinon, vous pouvez la télécharger ici, dans la colonne de droite, rubrique "Nos lettres d'information".

07/10/2015

myopathie FSH et médicaments

Tout d'abord, une précision importante : je ne suis pas médecin ! Les conseils que je donne sont donc à valider par un médecin. Un patient atteint de FSH doit toujours le signaler aux membres du corps médical qu'il consulte (médecin généraliste ou spécialiste, chirurgien, anesthésiste, dentiste, kinésithérapeute etc.), et c'est le praticien qui prend ses décisions, en consultant si besoin le neurologue de la consultation de référence ou le médecin conseil de l'AFM. Il faut rappeler que la myopathie FSH est une maladie rare, et qu'il est normal qu'un médecin ne la connaisse pas.

Ces précautions prises, faisons le point sur les contre-indications. Sont contre-indiqués :

- les statines (traitement anti-cholestérol) qui ont un effet sur les muscles (douleurs, myopathies induites par le traitement, voir par exemple cet article, en français pour une fois...). Ce n’est pas une contre indication absolue : en théorie ils sont contre-indiqués chez tous les malades myopathes ; cependant le bénéfice en terme de survie et de survenue d’un événement cardio-vasculaire (chez un coronarien ou un malade ayant fait un infarctus ou un AVC) en prévention secondaire est tellement important qu’on ne peut pas s’en passer. S’il y a un moindre signe de complication musculaire (myalgie, rhabdomyolyse…) on les arrête.

Un produit à évider absolument : le LIPANTYL et sa famille car ils sont sans effet sur la mortalité par complications cardio-vasculaires  et ce sont des  produits qui donnent le plus de complications musculaires :  il faut les proscrire.

L’EZETROL est moins nocif sur le muscle.

- les anesthésiques curarisants,

- en cas d'insuffisance respiratoire, certains anesthésiques, les morphiniques, les anti-dépresseurs ou neuroleptiques ainsi que les fluidifiants bronchiques. Pour les anti-dépresseurs, là encore, ce n’est pas une contre indication absolue : il faut toujours faire la balance bénéfices / risques.

La vaccination contre la grippe n'est nécessaire qu'en cas d'insuffisance respiratoire, mais n'est pas contre-indiquée dans les autres cas.

Source : Zoom sur la myopathie facio-scapulo-humérale de l'AFM.

 

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18/09/2015

suivi médical de la myopathie FSH (ou FSHD)

Un article, publié dans la revue Neurology en juillet 2015 fait le point sur le suivi médical de la FSH. Il a été écrit par divers spécialistes américains de l'american academy of neurology et de consutations spécialisées (Rochester NY, Ohio, Kansas, Miami). C'est un peu l'équivalent de l'article de Attarian et al. (CHU Marseille) paru en 2011 dont nous avons parlé ici.

Je n'ai lu que le résumé sur PubMed. Il n'y a que des points déjà connus, mais cela a le mérite de rappeler et résumer les points à suivre dans la FSH :

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- Le test génétique est sensible et spécifique (= fiable NDLR).

- Bien que l'insuffisance respiratoire soit peu fréquente dans la FSH, les patients sévèrement affectés doivent subir des tests de routine de fonction pulmonaire.

- L'examen cardiaque de routine n'est pas nécessaire pour les patients sans symptômes cardiaques.

- Les symptômes d'un défaut de vascularisation de la rétine sont très rares. Cependant, on peut prévenir la rétinopathie exsudative, et les patients avec grande délétion (= très faible nombre de répétitions D4Z4 NDLR) devraient subir une ophtalmoscopie dilatée indirecte (= examen de fond d'oeil, NDLR).

- La prévalence (= fréquence, NDLR) d'une perte sensible d'audition n'est pas claire. Dans la pratique clinique, les patients de la forme infantile (= démarrage dès l'enfance, NDLR) pourraient avoir des pertes d'audition significatives. Comme les pertes d'audition non diagnostiquées peuvent perturber l'acquisition du langage, des test audiométriques sont recommandés chez ces patients.

- Les douleurs musculo-squelettiques sont fréquentes dans la FSH, et les médecins doivent  interroger le patient sur ce sujet en routine.

- Il n'y a à l'heure actuelle aucun traitement pharmacologique de la FSH.

- La fixation des omoplates est sans danger et efficace. Elle pourrait être proposée avec précaution à certains patients particuliers.

- L'exercice aérobique (= exercice doux et prolongé, sans essoufflement ni douleur, rien à voir avec "Véronique et Davina", clin d'oeil aux plus anciens d'entre-nous, NDLR) est sûr et bénéfique. Les patients doivent être encouragés dans la pratique d'exercice de faible intensité.

11:26 Publié dans médical | Lien permanent | Commentaires (2)

26/08/2015

Rôle de FAT1 dans la FSH

Comme promis dans notre article précédent, voici un résumé / traduction d'un article publié récemment par l'équipe de Julie Dumonceaux de l'Institut de Myologie sur le rôle de FAT1 dans la FSH.

Vous pouvez consulter également la brève publiée sur le site de l'AFM et le résumé sur PubMed.

 

Correlation between Low FAT1 Expression and Early Affected Muscle in Facioscapulohumeral Muscular Dystrophy
(Corrélation entre un faible niveau d’expression de FAT1 et les muscles atteints précocement  dans la FSH)
Virginie Mariot et al. – Annales de neurologie juillet 2015


Traduction et résumé de l’article par SG


En 2013, une équipe française a montré qu’un modèle de souris sous exprimant le gène FAT1 reproduisait des anomalies musculaires similaires à celles observées dans la myopathie FSH. Plus récemment, une collaboration franco-japonaise a mis en évidence des mutations dans le gène FAT1 chez 49 personnes atteintes d’une myopathie de type FSH.
Il était donc nécessaire de clarifier le rôle de FAT1 dans la FSH.

L’expression de FAT1 a été étudiée dans les muscles fœtaux et adultes FSH. Cette étude réalisée dans le laboratoire de Julie Dumonceaux à l’Institut de Myologie a été en partie financée par l’AFM-Téléthon.


Les principales observations sont :
-    Dans les muscles fœtaux (non FSH) : FAT1 est moins exprimé dans les muscles habituellement affectés précocement dans la FSH.
-    Dans les muscles adultes FSH (1 ou 2) l’expression de FAT1 est plus faible que chez les patients contrôles.


Ces résultats permettent de proposer un nouveau modèle pour la FSH qui complète les découvertes récentes sur le rôle de DUX4. Dans ce nouveau modèle, FAT1 détermine la localisation des muscles précocement affectés par la FSH. FAT1 et DUX4 ne se régulent pas l’un l’autre mais participeraient tous les deux indépendamment à l’apparition des symptômes. Le groupe de J. Dumonceaux avait proposé précédemment que puisque DUX4 est exprimé au stade fœtal mais que les symptômes n’apparaissent que 15 à 20 ans plus tard, il devait y avoir un autre événement en cause. Cet événement pourrait être le niveau d’expression de FAT1 : ce qui détermine si un groupe de muscle sera affecté précocement ou tardivement est le niveau d’expression de FAT1. Si ce niveau est élevé, le muscle est épargné longtemps ; si le niveau est bas le muscle est atteint plus tôt. En présence de DUX4, le seuil d’expression de FAT1 nécessaire à la protection du muscle est plus élevé, et les muscles sont fragilisés.


Un haut niveau de DUX4 et un faible niveau de FAT1 serait donc le facteur déclenchant de la FSH.


Il reste des questions non résolues : Quand le niveau de FAT1 participe-t-il au déclenchement de la FSH ? Est-ce au stade fœtal, après la naissance, ou les deux ? Comment l’expression de FAT1 participe-t-elle à la fonte musculaire ?