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10/07/2016

Quoi de neuf dans la recherche ?

Beaucoup d'articles ont paru ces derniers temps !

Biomarqueurs

Un biomarqueur est une mesure de l'état d'avancement de la maladie. Cette mesure est nécessaire pour évaluer les traitements lors des essais cliniques. Dans la FSH, la mesure seule de la force musculaire n'est pas satisfaisante, car ces mesures sont imprécises, et la force est un critère qui varie très lentement (on ne peut pas faire une étude clinique sur 10 ans !) et de façon aléatoire, par poussées.

C'est pourquoi les chercheurs doivent mettre au point des critères plus fiables.

 

EIM.JPG

Une équipe de l'Université de Rochester (USA) a montré (résumé de l'article) que l'utilisation de l'EIM (electrical impedance myography, voir un article explicatif ici), plus facile et moins chère qu'une IRM du corps entier, était un bon biomarqueur de la FSH.

Une autre équipe de Seattle (USA) a montré qu'un dosage de certaines protéines dans le sang (creatine kinase MM and MB isoforms, carbonic anhydrase III, and troponin I type 2) était également un bon biomarqueur (article dans Neuromuscular disorders, en anglais, désolée...).

 

Cellules satellites

Les cellules satellites musculaires se trouvent à la périphérie des muscles et le réparent en cas de lésion. Dans la FSH, le fonctionnement de ces cellules est perturbé par DUX4. Cette perturbation est due au mauvais fonctionnement du "cell signaling pathway" (transduction de signal). La protéine beta-catenin joue un rôle important dans ce processus.

cellule sat.png

Une équipe anglaise (King's college London, Pr Zammit) a trouvé un médicament (déjà approuvé pour un autre usage) qui rétablit cette transduction de signal et rétablit le bon fonctionnement des cellules souches pour réparer le muscle. Mais cette étude n'a concerné que des cultures de cellules en laboratoire. C'est donc une bonne piste thérapeutique, mais il reste du chemin à  parcourir !

Voir l'article de vulgarisation (en anglais) de Muscular Dystrophy UK ici et le poster ici.

 

icnmd.png

ACE-083

Nous vous avions parlé de cet essai ici. C'est un essai de phase I, donc destiné uniquement à vérifier la tolérance du produit sur des volontaires sains. Le laboratoire a annoncé les premiers résultats au congrès ICNMD à Toronto début juillet (poster à télécharger ici). Ces résultats montreraient une bonne tolérance et un accroissement de la masse musculaire. Mais il n'est pas prouvé, comme mentionné dans notre article précédent, qu'un accroissement de la masse musculaire soit associé à un gain de force. Le laboratoire prévoit un essai de phase II sur des patients FSH d'ici la fin de l'année.

24/06/2016

Journée d'information à Paris le 8 octobre 2016

Le Groupe d'Intérêt FSH de l'AFM a le plaisir de vous inviter à une

réunion d'information

le 8 octobre à Paris.

Vous trouverez le programme ci-dessous (cliquez sur l'image pour l'agrandir) et vous pouvez télécharger le bulletin d'inscription dans les documents (colonne de droite de ce blog rubrique "lettres d'information").

fsh invit paris.jpg

20/06/2016

Journée mondiale de la FSHD

La FSH society a décidé de faire du 20 juin la journée mondiale pour la FSHD.

Une initiative à relayer !

 

World_FSHD_Day.jpg

13/06/2016

avancées dans la recherche FSH 2016

Comme chaque année à l'occasion de la journée des familles, l'AFM-Téléthon publie "les avancées de la Recherche dans la myopathie facio-scapulo-humérale" (ou FSH, ou FSHD, ou maladie de Landouzy-Dejerine).

Vous pouvez la télécharger ici ; je l'ai mise aussi dans les documents à télécharger dans la colonne de droite en bas.smiley clin d'oeil.jpg

Vous pourrez constater qu'il s'en passe des choses ! Peut-être même un peu trop... on a l'impression que ça part dans tous les sens...

30/05/2016

Crispr / Cas 9

En dehors de la piste des oligonucléotides antisens neutralisant l'ARN de DUX4 (notre article du 3/2/16), une autre piste de thérapie génique pour la FSH consiste en l'utilisation de Crispr / Cas 9. Nous en avions parlé ici.

Cette technique a fait l'objet de plusieurs publications récemment, y compris dans la presse grand public, par exemple dans La Recherche ou dans Libération.

 

Je reproduis ci-dessous une interview de Serge Braun, directeur scientifique de l'AFM, parue dans le dernier VLM :

crispr cas9.jpg

Crispr Cas9, des ciseaux révolutionnaires pour couper l’ADN

De nombreuses publications scientifiques récentes portent sur les Crispr Cas9, des “ciseaux” qui coupent l’ADN. Serge Braun, directeur scientifique de l’AFM-Téléthon, fait un point sur cette toute nouvelle technologie en plein essor.

Comment fonctionnent les Crispr Cas9 aussi qualifiés de “ciseaux moléculaires à ADN” ?

Serge Braun : Leur fonctionnement est en principe très simple. Schématiquement, un Crispr Cas9 est une séquence génétique qui code pour trois éléments : une “séquence guide” qui reconnaît le bon endroit sur l’ADN cible, une enzyme [une protéine, ndlr.] qui le coupe et un ARN qui contribue au fonctionnement du reste
du dispositif.

Ces dernières semaines, plusieurs publications scientifiques montrent l’intérêt des Crispr Cas9 dans la myopathie de Duchenne. Des applications chez les malades sont-elles envisagées ?

S. B. : Des applications cliniques sont envisageables, mais elles ne sont pas pour aujourd’hui, ni pour demain. Ce serait plutôt pour après-demain. En effet, leur utilisation chez l’Homme se heurte à plusieurs écueils. D’une part, il faut apporter les Crispr Cas9 grâce à des virus, ce qui est déjà compliqué en thérapie génique “classique”. Une fois que l’ADN est coupé, il faut qu’il “se recolle” correctement. Or la recombinaison homologue ne marche pas encore bien, notamment dans les cellules qui ne se divisent pas. Enfin, il faut s’assurer que la coupurelabo.jpg soit exactement là où on la souhaite sur le génome. En recherche fondamentale, sur des cellules ou des animaux, on peut se permettre des erreurs. Chez les malades, ce n’est pas acceptable. Aujourd’hui donc, ces ciseaux à ADN sont avant tout des outils de recherche.

 

L’AFM-Téléthon soutient-elle le développement de cette technologie ?

S. B. : L’association ne propose pas de programme spécifique, mais elle soutient depuis longtemps ce type de technologies. Certains projets retenus dans les appels d’offre font intervenir les Crispr Cas9, et des équipes de l’Institut des Biothérapies les utilisent également. Ainsi, Généthon a récemment passé un accord de collaboration avec CRISPR Therapeutics, une société biopharmaceutique.

22/05/2016

Myology 2016

J'ai eu la chance de pouvoir participer à Myology 2016 à Lyon en mars dernier. Cet évènement, organisé par l'AFM-Téléthon, réunit les chercheurs du monde entier pour faire le point sur les avancées de la Recherche en myologie, et donc dans les maladies neuromusculaires.

myology2016.jpg

Des conférences étaient dédiées à certaines maladies, dont une à la FSH (ou FSHD).

3 orateurs se sont succédé lors de cette conférence :

sacconi.png- Sabrina Sacconi (CHU Nice). La FSHD1 et la FSHD2 sont-elles des maladies qui se rejoignent ? L'étude de cas de patients FSHD1 avec des phénotypes (symptômes) plus sévères que ne le laisserait prévoir leur nombre de répétitions D4Z4 montre qu'ils portent également la mutation sur SMCHD1, donc ils sont FSHD1 + FSHD2.

 

- Sylvère van der Maarel (Leiden maarel.jpgUniversity, Pays-Bas) La dérepression* épigénétique de DUX4 dans la FSHD. Le fait que dans la même famille, ou pour des patients ayant le même nombre de répétitions D4Z4, il y a des âges de début et des progressions très différentes de la maladie montre qu'il existe des facteurs épigénétiques** importants. S. van der Maarel a mentionné l'influence d'un gène, DNMT3B, dont la mutation augmente légèrement l'expression de DUX4, et donc l'apparition des symptômes. L'abstract de l'article est publié sur PubMed. S. van der Maarel conclut, comme S.Sacconi, que FSHD1 et FSHD2 ne sont pas des maladies différentes mais sont les deux extrêmes d'un même continuum.

* dérepression : chez les sujets en bonne santé, le gène DUX4 est réprimé (subit une répression) et donc ne s'exprime pas (= ne fabrique pas la protéine DUX4). Chez les patients FSH, la zone D4Z4 est modifiée et le gène DUX4 peut s'exprimer et fabriquer la protéine, c'est la dérepression.

** épigénétique : ce qui se passe autour des gènes, qui modifie leur environnement, et donc leur expression ; par exemple la moindre méthylation (déméthylation) de la zone D4Z4 qui "libère" D4Z4.

 

tupler.jpg- Rossella Tupler (Université de Modène, Italie) Caractérisation (clinique et génétique) de familles FSHD, une approche pour être prêt pour les essais cliniques. Exploitation du registre de malades italien (530 sujets de 176 familles). Ces analyses montrent aussi que le nombre de répétitions D4Z4 ne suffit pas à prédire la sévérité de l'atteinte et que d'autres facteurs, probablement épigénétiques et encore non identifiés, sont en jeu. R.Tupler propose un nouvel outil d'évaluation de l'évolution de la maladie basée sur l'examen clinique, le Comprehensive Clinical Evaluation Form (CCEF). Vous pouvez consulter le résumé sur PubMed.

.oOo.

Les conférences étaient complétées par des posters (résumés de publications affichés dans une grande salle). Sur plus de 400 posters, 16 étaient consacrés à la FSH. Ces publicasmiley clin d'oeil.jpgtions, destinées aux chercheurs et cliniciens, étaient très théoriques (pour ne pas dire très ardues à lire...). 

J'ai quand même listé et traduit les titres et je les ai affichés ici pour les plus courageux d'entre vous.