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17/06/2018

quelques infos en vrac

gff.jpgLe 15 septembre prochain, l'AFM fête ses 60 ans en organisant une super journée des familles au parc floral de Vincennes. Si vous souhaitez y participer, rapprochez-vous très vite de la délégation de votre département (inscription souhaitée avant le 22 juin). Davantage de renseignements .

 

Le 20 juin prochain, c'est la journée fshd day.jpg
internationale de la FSH
. Le moment de parler de notre maladie autour de vous, pour "raise awareness" comme disent les américains, c'est à dire la faire connaitre, et éventuellement sensibiliser votre entourage à l'importance du Téléthon dans le financement de la recherche.

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L'AFM vient de publier la mise à jour annuelle de "Avancées dans la myopathie facio-scapulo-humérale". Très intéressant document sur les avancées de la recherche que vous pouvez télécharger ici.

02/06/2018

un nouveau médicament candidat pour la FSH ?

La société Genea Biocells vient d'obtenir aux Etats-Unis le statut de médicament orphelin pour le GBC0905. Ce médicament est censé empêcher l'expression de DUX4, gène qui serait la cause de la myopathie FSH (les deux formes, FSHD1 et FSHD2). Ce statut est destiné à favoriser et accélérer le développement de ce médicament.

Genea-Biocells.jpgGenea Biocells est une société pharmaceutique américaine, spécialisée dans les maladies neuromusculaires. Elle a mis au point une méthode de culture de cellules souches et de  screening et travaille actuellement sur la SMA et la FSH. Elle a été financée par Friends of FSH Research et FSHD Global et travaille avec la FSH society.

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Le screening, ou criblage à haut débit, est une méthode qui consiste à essayer des centaines de molécules connues dans la pharmacopée sur des cultures de cellules pour en évaluer les effets.

Mais attention ! le GBC0905 en est encore au stade du laboratoire. Aucun essai clinique n'est encore prévu à ma connaissance. Il faudra patienter un peu…

Les articles en anglais : celui de la FSH society et celui de business wire.

13/05/2018

Réunion d'information patients et familles à Dijon

Le Groupe d'Intérêt FSH de l'AFM organise une réunion d'information à Dijon le 9 juin 2018.

Comme d'habitude, le programme est intéressant ! Avec, entre autres :

  • L'actualité clinique de la FSH, les dernières avancées et la prise en charge - Dr El Hadi Hammouda, médecin-conseil Afm-Téléthon

  • Gérer les difficultés provoquées par la maladie au quotidien, la fatigue, les relations familiales et sociales, le regard des autres, etc. - Sabrina Sayah, psychologue, neuropsychologue - Institut de Myologie/Hôpital de La Pitié-Salpêtrière, Paris

  • Autoquestionnaire FSH (registre de patients FSH) - Benoit SANSON, PhD, Study Coordinator, CHU de NICE

  • Importance de la kinésithérapie et de l’exercice physique - Ghilas Boussaïd – Kiné-conseil Afm-Téléthon

Cette réunion est ouverte à tous (adhérents ou pas, patients, famille, aidants, kinés ou médecins de ville etc.), mais il faut s'inscrire. Si vous êtes connu du service régional de l'AFM, vous avez dû recevoir une invitation. Sinon, vous en trouverez une dans la colonne de droite de ce blog, en bas, dans la rubrique "documents divers". Le détail du programme de la journée figure aussi dans ce document.

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03/05/2018

notre lettre N°12 et 2 articles scientifiques

Notre lettre N° 12 est parue ! Elle a pour sujets : la kinésithérapie et le lettre.jpg
diagnostic génétique. Pour ceux d'entre vous qui sont connus des Services Régionaux de l'AFM, vous devriez la recevoir de leur part par courrier. Sinon, vous pouvez la télécharger ici, en bas de la colonne de droite de ce blog.

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Tibialis.pngLes résultats de l'essai clinique ACE-083 ont été présentés au congrès de l'American Academy of Neurology. Nous avions parlé de cet essai ici et ici. L'objectif de cette molécule est d'empêcher la myostatine de fonctionner et donc de favoriser la régénération des cellules musculaires. L'ACE-083 a été injecté directement dans le muscle tibialis anterior (releveur du pied) et le biceps. Les premiers résultats montrent une augmentation de la masse musculaire de 15 à 20 % et une diminution de la masse graisseuse. Mais on ne sait pas si cette augmentation de la masse musculaire s'accompagne d'une augmentation de la force, c'est l'objet de la suite de l'essai. Vous pouvez lire l'article (en anglais) de la FSH society ici et télécharger la présentation à l'AAN ici.

Acceleron pharma a reçu pour l'ACE-083 une autorisation de procédure accélérée (fast track designation) de la FDA (équivalent américain de l'ANSM), cela devrait permettre une autorisation de mise sur le marché plus rapide si les essais sont concluants. (article en anglais ici)

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Une équipe américaine a mis au point une batterie de test force.jpg
tests qui permet de mesurer l'avancement de la maladie chez les patients FSH par un score fonctionnel (l'équivalent d'un testing musculaire + test de marche mais plus sophistiqué, si j'ai bien compris...). Il sera donc bien utile dans l'évaluation des essais cliniques. Vous pouvez lire la brève de l'AFM sur ce sujet sur le site de l'Institut de Myologie ici.

 

18/04/2018

thérapie antisens / antioxydants

Pour ceux qui comme moi se sont demandé, à la lecture de la lettre aux adhérents AFM-Téléthon de mars 2018, ce que sont "les développements précliniques des antisens dans la dystrophie facio-scapulo-humérale"  cités par Serge Braun, voyez ici un article intéressant de la FSH Society. Cet article est en anglais, si j'ai un peu de temps je vous le traduirai, à moins qu'un volontaire veuille le faire (signalez-vous en commentaire ou par mail à fsh@afm-telethon.fr). 

Les américains ne sont pas les seuls à travailler sur les antisens. Il y a aussi Julie Dumonceaux, nous en avions parlé ici, et Eugénie Ansseau à l'université de Mons (voir ici) par exemple.

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Pour ceux qui se demandent si la supplémentation en anti-oxydants est vraiment un traitement pour la FSH, une revue de la littérature scientifique a été publiée, voici le résumé, vous pouvez lire l'article complet en anglais ici

Les antioxydants sont-ils une thérapie potentielle pour la FSHD ? Une revue de la littérature.
Par Adam Philip Denny et Alison Kay Heather de l’université de Otago, Dunedin, Nouvelle Zélande.
Publié dans Oxidative Medecine and Cellular Longevity 12/6/17
Traduction-résumé par Sylvie pour le GI FSH de l’AFM

La FSH serait due, au moins partiellement selon la plupart des scientifiques, à l’expression du gène DUX4 alors qu’il ne devrait pas s’exprimer. La protéine DUX4 produite est un facteur de transcription qui conduit à l’expression d’autres gènes qui provoquent une réponse inflammatoire de la cellule. DUX4 est également responsable d’une cascade de dérégulation de gènes qui provoquent un stress oxydatif, une inflammation, et sont toxiques pour les muscles squelettiques et induisent leur atrophie.

Le stress oxydatif consiste en la production de radicaux libres ou de dérivés réactifs de l'oxygène (ROS en anglais pour reactive oxygen species). Des enzymes antioxydants assurent la protection des cellules de l’endommagement par les ROS. Mais les patients FSH ont une réponse altérée au stress oxydatif.

Stress-oxydant.png

Des auteurs ont montré qu’un traitement antioxydant pourrait être une option thérapeutique potentielle pour la FSHD. Des études ont également montré que l’exercice physique est bénéfique, et l’exercice induit un effet antioxydant et diminue le stress oxydatif.

Néanmoins, dans certaines situations les antioxydants peuvent devenir pro-oxydants et avoir l’effet inverse.

Il y a eu peu d’études cliniques sur l’effet des antioxydants sur la FSH. L’étude menée par E.Passerieux & al. (Montpellier) en particulier montre des résultats contradictoires à cause du faible nombre de patients (nous en avions parlé ici, l'article concluait d'ailleurs que l'étude allait être poursuivie à plus grande échelle, mais rien n'a encore été publié sur le sujet). D’autres études plus rigoureuses doivent donc être menées avant de pouvoir conclure sur le bénéfice d’une supplémentation en antioxydants dans la myopathie FSH. Si les recherches in vitro sont positives, il serait naïf des les étendre à la clinique.

Mais il est clair dans la littérature que l’exercice peut être un puissant antioxydant. Il serait intéressant d’étudier la combinaison d’exercice physique et d’antioxydants car la supplémentation en antioxydants pourrait avoir un effet négatif sur l’adaptation des muscles à l’exercice.

05/04/2018

Une étude découvre de nouvelles protéines impliquées dans la FSH

Voici un article un peu long... pour les courageux ! smiley clin.jpg

 

Mais cet article était en accès libre, et tellement intéressant que j'ai trouvé utile de le traduire en entier. Les commentaires entre parenthèses sont de moi (Sylvie).

Vous trouverez l'article de vulgarisation et l'interview des chercheurs que j'ai traduit ici et l'article scientifique ici.

Cette étude montre que si la technique des "ciseaux à ADN" CRISPR n'est pas applicable à la thérapie génique avant longtemps (nous en avions parlé ici) elle est utilisable en laboratoire et permet des progrès dans la compréhension de notre maladie qui est toujours un peu mystérieuse.

Une étude découvre de nouvelles protéines impliquées dans la régulation d’un gène lié à une dystrophie musculaire.
 
Une technique protéomique basée sur CRIPR révèle une piste thérapeutique potentielle pour la FSHD, une maladie rare mais grave.
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Une nouvelle étude a révélé davantage d’intervenants dans le chemin de la dystrophie musculaire facio-scapulo-humérale, la forme la plus courante de dystrophie musculaire.
Conduite par le biologiste Dr Stephen Tapscott et la scientifique Dr Amy Campbell du centre de recherche contre le cancer Fred Hutchinson (Seattle USA), l’étude publiée aujourd’hui (23 mars 2018) dans la revue eLife est la première à identifier systématiquement des protéines impliquées dans la répression de DUX4, gène déclenchant la FSH.

Normalement, le gène DUX4 est activé seulement au tout début de la vie embryonnaire, s’éteignant avant même que l’embryon s’implante dans l’utérus. Mais chez les patients FSH, DUX4 redevient actif, détruisant progressivement les cellules musculaires. Les chercheurs ont essayé de comprendre comment l’éteindre à nouveau en espérant aboutir à de nouvelles pistes thérapeutiques qui pourraient retarder cette progression (de la maladie).

Dans leur dernière étude, ils ont utilisé une technique protéomique basée sur CRISPR pour découvrir les protéines qui s’attachent au gène DUX4 et sa région dans l’ADN. Ils se sont ensuite demandé si ces protéines étaient impliquées dans la désactivation du gène dans les cellules musculaires et dans les cellules souches embryonnaires. Ces expériences ont identifié 2 grands groupes de protéines impliquées dans l’extinction, ou la répression de DUX4 appelées NuRD et CAF-1. Tapscott et ses collègues ont ensuite identifié une protéine qui réprime ces répresseurs, qui s’appelle MBD3L2, dont ils pensent qu’elle pourrait être une cible thérapeutique potentielle pour la FSH (si on la supprime, NuRD et CAF-1 peuvent réprimer DUX4 si j’ai bien compris…).

Cette maladie, qui affecte 900 000 personnes dans le monde, est causée par une bizarrerie peu commune de l’ADN. La FSH est une maladie génétique mais elle n’est pas provoquée par une mutation dans un gène comme c’est le cas habituellement dans les maladies génétiques. Elle est plutôt causée par un nombre trop faible de copies du gène DUX4 (ou de répétitions D4Z4) – les personnes en bonne santé ont plus de 11 copies de DUX4 sur le chromosome 4 ; avoir 10 copies ou moins déclenche la FSH. Paradoxalement, avoir moins de répétitions du gène provoque l’expression de DUX4 alors qu’il ne devrait pas, provoquant des dégâts dans les muscles squelettiques.
Les chercheurs ne savent pas clairement pourquoi l’activation de DUX4 est particulièrement dommageable pour les cellules musculaires et pas pour les autres types de cellules. Mais leur étude pointe sur un modèle possible de ce qui peut se passer.
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Dans les muscles squelettiques, une seule fibre musculaire est faite de nombreuses cellules musculaires qui ont fusionné et n’ont donc plus de barrière entre elles (cliquez sur l'image pour l'agrandir). Tous leurs réservoirs à ADN, les noyaux, sont regroupés. Campbell et Tapscott pensent que chez les patients FSH, le gène DUX4 pourrait s’activer spontanément dans seulement quelques cellules à la fois, mais puisque les noyaux n’ont pas de parois entre eux, DUX4 pourrait s’étendre de noyau à noyau le long des fibres musculaires, provoquant des dégâts sur son chemin. Dans les autres types de cellules, si DUX4 s’active dans une cellule, celle-ci meurt seulement sans affecter les cellules voisines.
« L’environnement est capable de compenser la perte d’une cellule alors que dans un muscle, vous affectez de grandes fibres musculaires qui peut-être ne récupèreront pas » dit le Dr Campbell.

La protéine MBD3L2 que leur étude a identifiée semble être au moins en partie responsable de la réactivation de DUX4, et ils se demandent si cette protéine pourrait être responsable de la diffusion (de DUX4 dans les fibres musculaires) – et de la nature progressive de la FSH. Ce sont encore de grandes inconnues, dit le Dr Tapscott.
« Si la diffusion de noyau à noyau est à la base de la progression (de la maladie), alors bloquer la diffusion en bloquant MBD3L2 pourrait retarder la progression » continue-il.
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Le Dr Campbell a découvert également que les groupes de protéines NuRD et CAF-1 éteignent DUX4 dans les cellules embryonnaires ; dans la suite ils veulent déterminer si MBD3L2 est également impliqué dans le développement embryonnaire normal de la même façon qu’il semble agir dans les cellules musculaires FSH.

De plus, il a été découvert récemment que DUX4 est impliqué dans des types  rares de leucémies et de sarcomes, bien qu’il ne soit pas clair si le gène se comporte de la même manière dans ces cancers que dans la dystrophie musculaire. Les Dr Campbell et Tapscott prévoient de s’intéresser à cette question par la suite.
Cette étude a été leur première tentative dans l’utilisation de la technique spécifique CRISPR appelée EnChIP et ils sont impatients de voir ce qu’eux et leurs collègues pourront découvrir avec d’autres études similaires.
« Cette approche a marché, et nous pouvons aller plus loin. Nous pouvons aller plus loin dans ces données et plus loin dans cette approche, peut-être pour quelques unes de ces mutations dans les cancers aussi » dit le Dr Tapscott.

Cette étude a été financée par la NSH, la FSH society, Friends of FSH research et Fred Hutch reservoir fund.