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05/11/2015

La technique d’interférence génique utilisée dans la myopathie FSH

Traduction / résumé de l’article publié par la FSH society par Sylvie

Le laboratoire de Peter Jones, à l’école de médecine de l’université du Massachussetts USA (UMMS), financé, entre autres, par la FSH Society et l’AFM-Téléthon, vient de publier un article annonçant l’efficacité, sur des cellules humaines en culture, d’une méthode de thérapie du gène, appelée CRISPR/dCas9, qui repose sur la modification du génome (méthode de « gene editing ») pour « éteindre » la séquence d’ADN impliquée dans la myopathie FSH de type 1 (FSHD1).

C’est une « première » à double titre : première utilisation de la technique CRISPR dans la FSH et première utilisation dans des cellules musculaires humaines en culture.
Le système CRISPR/Cas9 est issu de la découverte d’un mécanisme employé par les bactéries pour « nettoyer » leur génome des gènes étrangers, une sorte de système immunitaire primitif. Les biologistes ont détourné ce système naturel afin qu’il vise cette fois des séquences spécifiques du génome. Contrairement à la technique CRISPR/Cas9 qui coupe les séquences d’ADN pour les modifier ou les supprimer, la technique CRISPR/dCas9 ne coupe pas les séquences d’ADN visées mais modifie leur expression, ce qui limite le risque d’effets indésirables.

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Dans la FSH, le gène DUX4, qui est localisé dans la région D4Z4 du chromosome 4, est exprimé alors qu’il ne devrait pas l’être, à cause d’une modification (déméthylation) de la chromatine (un complexe de molécules qui entoure le chromosome). Cette expression de DUX4 provoque une cascade d’événements qui conduit à la destruction des cellules musculaires. C’est ce qu’on appelle un phénomène « épigénétique », c’est-à-dire qu’il met en cause le gène mais aussi l’environnement du gène.

L’équipe de l’UMMS a décidé de cibler par la technique CRISPR/dCas9 non seulement DUX4, mais aussi, plus largement, plusieurs régions de la région D4Z4, provoquant ainsi le retour de la chromatine dans un état « normal ». Et ils ont observé une diminution de l’expression de DUX4 sur les cellules musculaires humaines in vitro.


* les cellules primaires proviennent directement du tissu musculaire ; une fois mises en culture, ces cellules donneront des cultures dites secondaires

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